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Bourrache : bienfaits de l'huile et de l'onagre pour la peau

Riche en GLA, l'huile de bourrache et d'onagre soutient naturellement l'élasticité de la peau et l'équilibre hormonal — guide complet 2026.

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Sophie R.
··23 min de lecture
Bourrache : bienfaits de l'huile et de l'onagre pour la peau

Vous cherchez une solution naturelle pour prendre soin de votre peau ou atténuer les désagréments hormonaux du cycle féminin ? La bourrache et l'onagre sont deux plantes médicinales dont les huiles sont reconnues pour leurs vertus exceptionnelles. Discrètes dans nos jardins, elles renferment un trésor commun : l'acide gamma-linolénique (GLA), un acide gras rare que l'organisme ne sait pas synthétiser efficacement à partir de l'alimentation moderne.

La bourrache (Borago officinalis) se distingue par ses fleurs bleues étoilées caractéristiques, tandis que l'onagre (Oenothera biennis), surnommée « belle de nuit », déploie ses fleurs jaunes à la tombée du jour. Ces deux plantes produisent des graines dont on extrait, par pression à froid, des huiles végétales d'exception plébiscitées en naturopathie, en cosmétique naturelle et en phytothérapie.

Dans ce guide complet, nous explorons la composition de ces deux huiles, leurs bienfaits documentés pour la peau et l'équilibre hormonal, leurs modalités d'utilisation, et les précautions à respecter pour en tirer le meilleur parti en toute sécurité.


Bourrache et onagre : deux plantes aux vertus millénaires

Fleurs bleues de bourrache Borago officinalis — plante médicinale aux propriétés pour la peau *Fleurs de bourrache (*Borago officinalis*) — CC BY-SA 3.0, Hans Hillewaert / Wikimedia Commons*

La bourrache (Borago officinalis) est une plante annuelle originaire du bassin méditerranéen, cultivée depuis l'Antiquité pour ses propriétés médicinales et culinaires. Les Romains consommaient ses feuilles et fleurs pour « chasser la mélancolie et apporter la joie », comme en témoigne la locution latine "Ego borago gaudia semper ago" (« Moi, bourrache, je procure toujours la gaieté »). Au Moyen Âge, les herboristes la prescrivaient contre les fièvres et pour revigorer les convalescents.

Ses fleurs bleues étoilées à cinq pétales, d'un bleu cobalt saisissant, en font l'une des plantes sauvages les plus identifiables. Mellifère par excellence, elle attire abeilles et bourdons en grand nombre. Aujourd'hui cultivée dans toute l'Europe, la bourrache reste populaire dans les jardins potagers, notamment pour ses feuilles comestibles au goût iodé rappelant le concombre.

L'onagre (Oenothera biennis) présente une origine bien différente : native d'Amérique du Nord, elle fut introduite en Europe au XVIIe siècle comme plante ornementale, avant de se naturaliser rapidement le long des chemins, des talus et des dunes sablonneuses. Son surnom poétique de « belle de nuit » provient de ses grandes fleurs jaune vif qui s'ouvrent à la tombée du soleil, dégageant un parfum délicat pour attirer les papillons de nuit pollinisateurs. Biannuelle, elle développe une rosette de feuilles la première année avant de fleurir et de produire ses graines la seconde.

De la plante à l'huile végétale

Ce qui distingue ces deux plantes dans le domaine de la santé naturelle, ce sont leurs graines. Celles-ci renferment une huile végétale extraordinairement riche en acide gamma-linolénique (GLA), un acide gras polyinsaturé de la famille des oméga-6 que l'alimentation moderne nous fournit en quantité insuffisante sous cette forme directement utilisable par l'organisme.

Il est important de noter que les huiles de bourrache et d'onagre sont des huiles végétales grasses (obtenues par pression mécanique à froid des graines), et non des huiles essentielles issues de la distillation. Elles n'ont pas d'odeur forte et sont utilisées différemment des huiles essentielles : en application cutanée directe, en sérum ou en complément alimentaire sous forme de capsules.

La culture et la production de ces huiles s'est considérablement développée depuis les années 1980, notamment au Royaume-Uni, en France et aux Pays-Bas, où des variétés sélectionnées pour leur teneur élevée en GLA ont été développées. La France est aujourd'hui l'un des principaux producteurs européens d'huile de bourrache biologique.

Le GLA : le secret de ces huiles végétales d'exception

L'acide gamma-linolénique (GLA, C18:3 n-6) appartient à la famille des acides gras oméga-6. Il occupe une place particulière dans la biochimie des lipides car il constitue le précurseur direct de la prostaglandine E1 (PGE1), une molécule aux propriétés anti-inflammatoires, vasodilatatrices et immunorégulatrices remarquables.

En théorie, l'organisme sait convertir l'acide linoléique (LA, oméga-6 le plus commun) en GLA grâce à l'enzyme delta-6-désaturase. En pratique, cette conversion est souvent altérée ou insuffisante chez de nombreuses personnes, pour plusieurs raisons :

  • L'âge : l'activité de la delta-6-désaturase diminue significativement après 40 ans
  • Le stress chronique : les glucocorticoïdes inhibent cette enzyme
  • L'alcool : consommation régulière bloque la conversion
  • Les carences : déficits en zinc, magnésium, vitamine B6 et vitamine C réduisent l'efficacité enzymatique
  • L'alimentation transformée : les acides gras trans issus des huiles hydrogénées bloquent la delta-6-désaturase
  • Certaines pathologies : diabète, maladies inflammatoires chroniques, atopie

L'apport direct de GLA via les huiles de bourrache ou d'onagre contourne entièrement ce blocage enzymatique, permettant à l'organisme de disposer immédiatement de ce précieux acide gras.

« L'acide gamma-linolénique joue un rôle essentiel dans la synthèse des prostaglandines de série 1, qui exercent des effets anti-inflammatoires et immunorégulateurs importants. Les huiles végétales qui en sont riches représentent une voie complémentaire intéressante lorsque la conversion endogène est compromise. » — Dr. David Horrobin, *Reviews in Contemporary Pharmacotherapy*, 1990

Comparaison des teneurs en GLA des principales huiles végétales

Huile végétale Teneur en GLA Teneur en AL (oméga-6) Principaux usages
Huile de bourrache 20–25 % 35–40 % Peau sèche, eczéma, vieillissement
Huile d'onagre 8–12 % 65–75 % SPM, ménopause, peau sensible
Huile de cassis (graines) 15–20 % 45–50 % Immunité, anti-inflammatoire
Huile de chanvre 2–4 % 55–60 % Alimentation, peau normale
Huile de tournesol < 0,5 % 60–70 % Cuisson, alimentation générale

L'huile de bourrache se révèle ainsi la source végétale la plus concentrée en GLA disponible sur le marché, avec une teneur deux à trois fois supérieure à celle de l'huile d'onagre. Les deux huiles sont toutefois complémentaires dans leur profil d'acides gras et leurs indications.

Bienfaits pour la peau : eczéma, sécheresse et vieillissement cutané

Plante de bourrache en fleur dans un jardin — Borago officinalis aux fleurs bleues *Bourrache en fleur (*Borago officinalis*) — CC BY-SA 2.0, AnemoneProjectors / Wikimedia Commons*

Les bienfaits de ces deux huiles pour la peau constituent leur usage le plus documenté scientifiquement. Voici les principaux mécanismes et indications reconnus.

Eczéma atopique et dermatites

L'eczéma atopique est une affection inflammatoire chronique de la peau touchant environ 15 à 20 % des enfants et 3 à 5 % des adultes en France. Des recherches menées dès les années 1980 ont mis en évidence que les personnes atteintes d'eczéma atopique présentaient des niveaux significativement réduits de GLA et de ses dérivés dans leurs membranes cellulaires cutanées.

Un déficit en delta-6-désaturase a été identifié chez une proportion significative de patients atopiques, les empêchant de convertir efficacement l'acide linoléique alimentaire en GLA. L'apport exogène de GLA via l'huile d'onagre ou de bourrache contourne ce problème enzymatique. Plusieurs études cliniques randomisées ont évalué l'efficacité de l'huile d'onagre dans l'eczéma, montrant une réduction de la démangeaison, de la sécheresse et de l'inflammation, bien que les méta-analyses restent nuancées sur l'ampleur de l'effet.

Barrière cutanée et hydratation

La couche cornée de la peau est composée de cellules kératinisées enchâssées dans une matrice lipidique riche en céramides, en acides gras libres et en cholestérol. Le GLA participe à la synthèse des céramides et à la cohésion de cette matrice lipidique. En cas d'apport insuffisant, la barrière cutanée se fragilise : la peau perd de l'eau par un phénomène appelé perte insensible en eau transépidermique (TEWL), entraînant sécheresse, tiraillements et sensibilité aux irritants.

L'application topique d'huile de bourrache ou d'onagre apporte directement ces lipides essentiels à la surface cutanée. Elle est souvent proposée en complément des émollients traditionnels dans les peaux atopiques, sèches ou fragilisées par les traitements médicaux (chimiothérapie, radiothérapie).

Vieillissement cutané

La production naturelle de GLA par l'organisme diminue significativement avec l'âge. Cette baisse contribue à la perte d'élasticité et de souplesse caractéristique du vieillissement cutané, parallèlement à la diminution du collagène et de l'acide hyaluronique. Une supplémentation en huile de bourrache peut aider à maintenir une meilleure hydratation cutanée et à ralentir certains signes du vieillissement, notamment la sécheresse et la perte de tonus.

Une étude japonaise publiée dans le Journal of Dermatological Science a observé une amélioration significative de l'hydratation cutanée et de la TEWL chez des femmes de plus de 45 ans après 12 semaines de supplémentation en huile de bourrache, comparé au groupe placebo.

Rosacée et peau inflammatoire

L'action anti-inflammatoire du GLA, via la synthèse de PGE1, peut contribuer à réduire la rougeur et l'inflammation associées à la rosacée et aux peaux réactives. L'usage topique en huile de soin, à faible concentration mélangée à une huile végétale neutre (jojoba, amande douce), est souvent conseillé par les dermatologues holistiques.

Cicatrisation et régénération

Le GLA favorise la différenciation des kératinocytes et stimule la synthèse de collagène cutané, deux processus essentiels à la cicatrisation. L'huile de bourrache est traditionnellement utilisée en application locale sur les cicatrices récentes, les vergetures et les zones de peau fragilisée.

Équilibre hormonal et confort féminin

Au-delà des soins cutanés, les huiles de bourrache et d'onagre sont reconnues en naturopathie pour leur rôle dans l'équilibre hormonal féminin. C'est d'ailleurs l'huile d'onagre qui bénéficie de la plus grande tradition d'utilisation dans ce domaine.

Syndrome prémenstruel (SPM)

Le syndrome prémenstruel touche de 20 à 40 % des femmes en âge de procréer, se manifestant par une constellation de symptômes apparaissant dans la semaine précédant les règles : tensions mammaires (mastodynies), irritabilité, anxiété, ballonnements, fatigue et maux de tête.

L'huile d'onagre est traditionnellement utilisée pour soulager ces symptômes. Son mécanisme d'action supposé passe par la modulation des prostaglandines : le GLA favorise la production de prostaglandines de série 1 (PGE1), qui s'opposent aux effets pro-inflammatoires et pro-spasmodiques des prostaglandines de série 2 (PGE2). Cette balance prostaglandinique influence les contractions utérines, la sensibilité mammaire et l'humeur.

Plusieurs études cliniques ont évalué l'huile d'onagre sur le SPM, avec des résultats encourageants notamment sur la réduction des mastodynies. Une étude publiée dans Phytotherapy Research a observé une réduction significative de la douleur mammaire prémenstruelle après 6 mois de supplémentation. Les preuves restent cependant hétérogènes et des études de plus grande envergure sont nécessaires.

Ménopause et bouffées de chaleur

L'huile d'onagre figure parmi les remèdes naturels les plus fréquemment utilisés pour atténuer les symptômes de la ménopause, en particulier les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Son action sur la régulation des prostaglandines et sa richesse en GLA sont avancées comme mécanismes hypothétiques. Une étude iranienne publiée dans Menopause a observé une réduction de la fréquence et de la sévérité des bouffées de chaleur chez des femmes ménopausées supplémentées en huile d'onagre pendant 8 semaines.

Fertilité et qualité de la glaire cervicale

Dans la tradition naturopathique, l'huile d'onagre est parfois recommandée en première partie du cycle menstruel (des menstruations jusqu'à l'ovulation) pour améliorer la qualité et la quantité de la glaire cervicale, facilitant ainsi la mobilité des spermatozoïdes. Les preuves scientifiques formelles sur ce point restent limitées, et une consultation médicale est recommandée avant toute utilisation dans le cadre d'un projet de conception.

Comment choisir et utiliser ces huiles au quotidien

Critères de qualité pour bien choisir

La qualité des huiles de bourrache et d'onagre varie considérablement selon les marques. Voici les critères essentiels à vérifier :

  • Pression à froid : le mode d'extraction doit être indiqué. La pression à froid préserve la teneur en GLA et en antioxydants. Les huiles extraites à chaud ou par solvants chimiques sont de moindre qualité.
  • Certification biologique : priorité aux huiles issues de l'agriculture biologique (mention AB ou équivalent européen) pour éviter les résidus de pesticides qui peuvent se concentrer dans les huiles.
  • Flacon en verre opaque : les acides gras polyinsaturés sont très sensibles à l'oxydation par la lumière et l'air. Un flacon en verre ambré ou brun est indispensable.
  • Date d'expiration et DLC : vérifiez que l'huile n'est pas proche de sa date limite. Une huile rance est non seulement inefficace mais potentiellement proinflammante.
  • Ajout de vitamine E (tocophérol) : certains fabricants ajoutent de la vitamine E naturelle comme antioxydant. C'est un critère positif qui prolonge la stabilité du produit.

Formes disponibles et dosages recommandés

En complément alimentaire (capsules) :

  • Huile de bourrache : 500 à 1000 mg/jour (apportant environ 100-250 mg de GLA)
  • Huile d'onagre : 1000 à 3000 mg/jour (apportant environ 80-250 mg de GLA)
  • Durée recommandée : cure de 3 mois, avec pause de 4 à 6 semaines avant renouvellement

En application cutanée :

  • Quelques gouttes pures en sérum du soir, appliquées sur peau humide
  • En mélange avec une huile végétale neutre (jojoba, amande douce) à raison de 10-20 % d'huile de bourrache
  • Application sur les zones sèches, les cicatrices, les contours des yeux (avec précaution)

En cosmétique maison : L'huile de bourrache s'incorpore facilement dans les soins faits maison : crèmes, baumes, sérums. Conservez vos préparations au réfrigérateur et utilisez-les rapidement (dans les 3 mois).

Conseils de conservation

Les huiles de bourrache et d'onagre sont très sensibles à l'oxydation en raison de leur richesse en acides gras polyinsaturés. Une fois ouverte, conservez l'huile au réfrigérateur, à l'abri de la lumière, et consommez-la dans les 2 à 3 mois. Une huile rance dégage une odeur désagréable et perd ses propriétés — ne l'utilisez plus.

Précautions et contre-indications

Bien que naturelles, les huiles de bourrache et d'onagre présentent des précautions d'emploi importantes à respecter.

Bourrache : les alcaloïdes pyrrolizidiniques

L'huile de bourrache extraite des graines contient des traces d'alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP), des composés potentiellement hépatotoxiques et génotoxiques à forte dose ou en cas d'exposition prolongée. La réglementation européenne impose des limites maximales strictes pour les huiles de bourrache destinées à la consommation. L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a émis des avis de prudence sur ce sujet.

Pour limiter le risque :

  • Choisir des huiles de bourrache certifiées "sans alcaloïdes pyrrolizidiniques" ou avec des niveaux garantis inférieurs aux seuils réglementaires
  • Respecter les durées de cure recommandées (maximum 3 mois consécutifs)
  • Éviter la consommation orale d'huile de bourrache pendant la grossesse et l'allaitement

Grossesse et allaitement

L'usage oral des deux huiles est déconseillé pendant la grossesse, notamment en raison des propriétés utérotoniques potentielles du GLA et des risques liés aux AP de la bourrache. L'usage topique local et limité peut être envisagé mais uniquement après avis médical.

Interactions médicamenteuses

  • Anticoagulants (warfarine, héparine) : le GLA peut potentialiser les effets anticoagulants — surveillance médicale indispensable
  • Phénothiazines (médicaments antipsychotiques) : interaction possible avec l'huile d'onagre — à éviter sauf avis médical
  • Anti-épileptiques : quelques cas de crises épileptiques ont été rapportés chez des patients sous phénothiazines prenant de l'huile d'onagre à haute dose

Populations particulières

  • Enfants de moins de 6 ans : usage déconseillé sans avis pédiatrique
  • Personnes souffrant d'épilepsie : consulter un médecin avant utilisation
  • Troubles de la coagulation : surveillance médicale requise

Avis de Sophie R. — naturopathe spécialisée en aromathérapie

Fleurs d'onagre Oenothera biennis jaunes — plante médicinale pour l'équilibre hormonal féminin *Onagre bisannuelle (*Oenothera biennis*) — CC BY-SA 4.0, Christian Ferrer / Wikimedia Commons*

Dans ma pratique de naturopathe, l'huile d'onagre et l'huile de bourrache figurent parmi mes recommandations les plus fréquentes, notamment pour les femmes qui traversent des périodes de déséquilibre hormonal ou qui présentent des problèmes cutanés chroniques.

Je constate souvent que les femmes qui souffrent de SPM sévère ou de peaux très sèches et réactives présentent des carences marquées en GLA, souvent liées à un stress chronique intense ou à une alimentation trop riche en acides gras trans. Pour ces profils, une cure de 3 mois en huile d'onagre (voie orale, 2000 mg/jour) combinée à une application topique d'huile de bourrache produit des résultats souvent très satisfaisants, visibles dès la quatrième ou cinquième semaine.

Je recommande personnellement d'associer la supplémentation en GLA à un apport adéquat en cofacteurs : magnésium, zinc, vitamine B6 et vitamine C sont indispensables à la conversion du GLA en prostaglandines actives. Un complément multivitaminé de qualité ou une alimentation très variée est souvent la base nécessaire pour maximiser les effets des huiles.

Pour les peaux matures ou fragilisées, j'aime proposer un sérum fait maison : 5 % d'huile de bourrache, 10 % d'huile de rose musquée, complétés d'une huile végétale fine (jojoba ou noisette). Appliqué le soir sur peau légèrement humidifiée, ce mélange offre une nutrition intensive et une action anti-âge douce et non occlusif.

Un point que j'insiste auprès de mes consultantes : la patience est la clé. Les huiles de bourrache et d'onagre ne sont pas des solutions rapides. Leur action passe par une modification progressive de la composition des membranes cellulaires, un processus qui demande plusieurs semaines. La régularité est bien plus importante que la dose.

En résumé — Les points essentiels à retenir

  1. La bourrache et l'onagre sont deux plantes productrices d'huiles végétales exceptionnellement riches en acide gamma-linolénique (GLA).
  2. Le GLA est un acide gras oméga-6 rare, précurseur des prostaglandines anti-inflammatoires de série 1 (PGE1).
  3. L'huile de bourrache contient 20-25 % de GLA — deux fois plus que l'huile d'onagre (8-12 %).
  4. Leurs principaux bienfaits documentés concernent la peau (eczéma, sécheresse, vieillissement) et l'équilibre hormonal féminin (SPM, ménopause).
  5. Elles s'utilisent en application topique (sérum cutané) ou en complément alimentaire (capsules).
  6. L'huile de bourrache doit être certifiée sans alcaloïdes pyrrolizidiniques et les cures limitées à 3 mois.
  7. La grossesse, l'allaitement, la prise d'anticoagulants ou de phénothiazines sont des contre-indications importantes.
  8. La régularité sur au moins 8 à 12 semaines est nécessaire pour observer des résultats tangibles.

Questions fréquentes sur la bourrache et l'huile d'onagre

FAQ • Bourrache & Huile d'Onagre
Les questions les plus posées sur la bourrache et l'onagre
Quelle est la différence entre l'huile de bourrache et l'huile d'onagre ?

Les deux huiles sont riches en acide gamma-linolénique (GLA), mais à des concentrations différentes. L'huile de bourrache en contient 20-25 %, contre 8-12 % pour l'huile d'onagre. L'huile de bourrache est donc plus concentrée en GLA et souvent recommandée en petites quantités pour la peau sèche et le vieillissement cutané. L'huile d'onagre, grâce à sa teneur plus élevée en acide linoléique (65-75 %), est davantage utilisée pour l'équilibre hormonal féminin et le syndrome prémenstruel. En pratique, elles sont souvent complémentaires et peuvent être associées.

Comment utiliser l'huile d'onagre pour le syndrome prémenstruel ?

Pour le syndrome prémenstruel, l'huile d'onagre est généralement prise par voie orale sous forme de capsules, à raison de 1000 à 2000 mg par jour. Certaines naturopathes recommandent de débuter la prise entre le 14e et le 16e jour du cycle (après l'ovulation) et de poursuivre jusqu'aux règles. D'autres préconisent une prise continue. Les effets ne sont généralement perceptibles qu'après 2 à 3 cycles de supplémentation régulière. Il est conseillé de ne pas dépasser 3 mois de cure consécutive sans pause et de consulter un professionnel de santé.

L'huile de bourrache peut-elle être appliquée directement sur le visage ?

Oui, l'huile de bourrache peut être appliquée directement sur le visage en petite quantité (2 à 4 gouttes), idéalement en sérum du soir. Pour les peaux grasses ou mixtes, il est recommandé de la diluer dans une huile végétale plus légère (jojoba, noisette) à une concentration de 10-20 %. Pour les peaux très sèches ou matures, elle peut être utilisée pure ou à concentration plus élevée. Testez toujours sur une petite zone du bras avant l'application sur le visage et évitez le contour des yeux si votre peau est très sensible.

Peut-on prendre de l'huile de bourrache pendant la grossesse ?

Non, l'usage oral de l'huile de bourrache est formellement déconseillé pendant la grossesse. L'huile contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques potentiellement toxiques pour le foie du fœtus, et le GLA peut exercer une action utérotonique. L'huile d'onagre par voie orale est également déconseillée pendant la grossesse en raison de son action présumée sur la contractilité utérine. Seul un usage topique très localisé peut être envisagé, après avis médical. En cas de doute, abstenez-vous et consultez votre sage-femme ou gynécologue.

Quelle est la durée d'une cure d'huile de bourrache ou d'onagre ?

Une cure standard dure généralement 3 mois (12 semaines), durée nécessaire pour observer des effets significatifs sur la composition des membranes cellulaires. Il est recommandé de faire une pause de 4 à 6 semaines avant de renouveler la cure. Pour les problèmes cutanés chroniques ou le SPM, plusieurs cures annuelles sont souvent nécessaires pour maintenir les bénéfices. En usage continu au-delà de 3 mois, notamment pour l'huile de bourrache, la prudence s'impose en raison de la teneur en alcaloïdes pyrrolizidiniques.

L'huile d'onagre aide-t-elle vraiment contre les bouffées de chaleur ?

Des études préliminaires suggèrent que l'huile d'onagre peut contribuer à réduire la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur chez les femmes ménopausées. Une étude publiée dans la revue Menopause a montré une amélioration significative après 8 semaines de supplémentation. Cependant, les preuves scientifiques restent limitées et d'autres options (phytoœstrogènes, thérapies comportementales) ont des niveaux de preuve plus solides. L'huile d'onagre peut être essayée en cure de 3 mois, mais si les symptômes sont sévères, une consultation médicale s'impose pour évaluer toutes les options disponibles.

Comment reconnaître une huile de bourrache ou d'onagre de qualité ?

Une huile de qualité doit être obtenue par pression à froid (cold-pressed), issue de l'agriculture biologique certifiée (AB ou équivalent européen), conditionnée dans un flacon en verre opaque (brun ou ambré) pour protéger des rayons UV. La mention "sans alcaloïdes pyrrolizidiniques" ou un taux garanti conforme aux normes européennes est un critère important pour l'huile de bourrache. L'odeur doit être légère, herbacée, non rance. Un ajout de vitamine E naturelle (tocophérol) comme antioxydant est un signe de qualité. Évitez les produits aux prix très bas qui peuvent indiquer une extraction de moindre qualité.

Peut-on prendre de l'huile de bourrache et de l'onagre en même temps ?

Oui, l'association des deux huiles est possible et souvent recommandée pour bénéficier de leurs profils complémentaires : la bourrache pour sa concentration élevée en GLA (action intensive sur la peau) et l'onagre pour sa richesse en acide linoléique et son action hormonale. Dans ce cas, réduisez les doses de chacune : par exemple 500 mg de bourrache et 1000 mg d'onagre par jour. Respectez toujours les durées de cure recommandées (3 mois maximum) et consultez un professionnel de santé si vous prenez des médicaments anticoagulants ou antipsychotiques.

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